La lutte continue – tribute to Jean-Marc Raynaud of the Fédération Anarchiste (french-speaking anarchist federation)

07-04-2026 (publication date) Lien Permanent – Fédération Anarchiste

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Jean-Marc, la lutte continue

Jean-Marc Raynaud n’a pas toujours été un vieil emmerdeur. Il a commencé par être un jeune emmerdeur.

Dès le lycée il monte, avec ses copains du café de la paix, un groupe d’expression autour de la laïcité ; une thématique qui ne le quittera jamais. Son engagement rationaliste de libre-penseur est incontournable. Avec ce groupe d’amis, il s’engage aussi dans la lutte antinucléaire contre la centrale de Braud-et-Saint-Louis ou encore contre un projet nuisible de construction d’autoroute.

Peu de gens le savent, mais quand il s’inscrit à la fac de droit de Bordeaux, c’est avec l’intention de devenir… commissaire de police ! Fort heureusement, un vent d’émancipation souffle alors sur le printemps de 1968 et Jean-Marc se lie d’amitié avec Sanchez et Jean Barrué.

Les années 70 seront celles de la confirmation de ses engagements libertaires. C’est à cette période qu’il rejoint la Fédération Anarchiste, tient des permanences sur Rochefort, milite en faveur de la contraception masculine en général et de la vasectomie en particulier… Parallèlement, il rejoint l’union des crématistes et leur journal “La Flamme”, faisant la promotion de la pratique de la crémation. Il n’était pas en avance sur son temps. Son temps était en retard sur lui.

Une fois la pompe amorcée, il théorisera et mettra en pratique une vie de lutte continue durant laquelle il aura à cœur de créer des alternatives en actes à ce monde auquel il refuse de se soumettre. Les colos de tonton Bakounine, la crèche autogérée, l’école libertaire Bonaventure etc. occuperont le temps de cet éducationniste convaincu qui, non content de faire, écrira également de nombreux textes – plus de 600 répertoriés à ce jour – dans divers journaux et revues militants.

“J’aurais toujours voulu être éditeur”, confiera Jean-Marc à son compagnon de route Jean-Claude Richard. Sur les conseils de ce dernier et après s’être chargé des éditions du Monde Libertaire, il fondera les Éditions Libertaires qui publieront plus de 250 ouvrages et remettront des années durant le prestigieux prix Ni Dieu Ni Maître. Cette maison d’édition existe toujours et est une référence de l’édition anarchiste francophone. De nombreuses voix d’auteurs se joignent à la nôtre pour exprimer leur tristesse.

Malgré le grand échec de sa vie, à savoir la réalisation de l’unité au sein du mouvement libertaire, Jean-Marc ne désarmera pas et continuera inlassablement à défendre un humanisme non négociable. Ainsi, quand l’abject Manuel Valls mettra à l’ordre du jour la déchéance de nationalité sous la présidence Hollande, il demandera publiquement à en être lui-même déchu. La presse locale s’en souvient encore.

Jean-Marc avait sa carte. Sa carte de citoyen du monde qu’il ne manquait pas de pointer sous le nez des flics, toujours prompts à réprimer la liberté des peuples. 

Aujourd’hui, un grand homme nous quitte mais ses combats et convictions ne seront ni oubliés ni abandonnés.

Nous sommes tous des Raynaud féroces !

Fédération Anarchiste

Chaucre, Saint-George-d’Oléron

The image shows an older man sitting comfortably in what appears to be a home library or study. He is holding and reading a book with a red cover titled “Au cœur du rêve.” He is wearing glasses and a dark sweater, and has short, graying hair. His expression is neutral to mildly engaged, as if he paused reading to look at the camera.

Behind him are wooden bookshelves filled with many books arranged vertically, creating a dense, academic or literary atmosphere. He is seated in a cushioned chair draped with a colorful, patterned textile. A tall floor lamp stands to the left, and there are additional stacks of books nearby, reinforcing the sense of a personal reading or study space.

Jean-Marc Raynaud wasn’t always a troublemaker. He started out as a troublemaker in his youth. From high school onward, he and his friends from the Café de la Paix formed a discussion group focused on secularism; a theme that would stay with him throughout his life. His rationalist commitment as a freethinker was undeniable. With this group of friends, he also became involved in the anti-nuclear movement, opposing the Braud-et-Saint-Louis power plant and a harmful highway construction project. Few people know this, but when he enrolled in law school in Bordeaux, his intention was to become… a police commissioner! Fortunately, a wind of emancipation was blowing through the spring of 1968, and Jean-Marc became friends with Sanchez and Jean Barrué. The 1970s would be the decade in which his libertarian commitments were solidified. It was during this period that he joined the Anarchist Federation, held regular meetings in Rochefort, and campaigned for male contraception in general and vasectomy in particular. At the same time, he joined the cremationists’ union and their newspaper, “La Flamme” (The Flame), promoting the practice of cremation. He wasn’t ahead of his time; his time was behind him.

Once the ball was rolling, he would theorize and put into practice a life of continuous struggle, dedicated to creating concrete alternatives to the world he refused to accept. Uncle Bakunin’s summer camps, the self-managed daycare center, the Bonaventure libertarian school, and other such activities filled the time of this committed educator who, not content with simply taking action, also wrote numerous texts—more than 600 cataloged to date—for various activist newspapers and magazines.

“I always wanted to be a publisher,” Jean-Marc confided to his longtime friend, Jean-Claude Richard. On the advice of the latter, and after managing the publishing house Le Monde Libertaire, he founded Éditions Libertaires, which published over 250 books and awarded the prestigious Ni Dieu Ni Maître prize for many years. This publishing house still exists and is a benchmark in French-language anarchist publishing. Many authors join us in expressing their sadness.

Despite the great failure of his life—namely, achieving unity within the libertarian movement—Jean-Marc did not give up and tirelessly continued to defend a non-negotiable humanism. Thus, when the despicable Manuel Valls put the stripping of citizenship on the agenda during Hollande’s presidency, he publicly asked to have it revoked himself. The local press still remembers it.

Jean-Marc had his card. His citizen of the world card, which he never failed to show to the police. always quick to suppress the freedom of peoples.

Today, a great man leaves us, but his struggles and convictions will neither be forgotten nor abandoned.

We are all fierce Raynauds! Chaucre

Fédération Anarchiste

Chaucre, Saint-George-d’Oléron

Wednesday, April 8, 2026