Présentation de la FAItalienne


La Fédération Anarchiste Italienne, fondée en 1945, compte 20 groupes et 50 individuels. Nous pouvons calculer que les adhérents sont, dans l'ensemble, autour de 250. Durant les deux dernières années, un large débat interne a mené à une nouvelle formulation du Pacte associatif de la FAI, qui continue cependant à se référer au programme de l'Union Anarchiste Italienne de 1920.

La FAI s'occupe de la rédaction et de l'administration de l'hebdomadaire anarchiste Umanità Nova, qui tire à 3100 exemplaires et possède son propre site internet, a sa maison d'édition munie d'un ample catalogue de publications, a ses propres archives historiques, et propose et participe à de nombreux rendez-vous nationaux.
Dans les dernières années, l'activité locale a été mise au coeur de l'engagement de la Fédération.
Les groupes et les individuels de la Fédération sont actifs dans de nombreuses activités politiques, sociales, culturelles.

La situation politique et sociale de notre pays, qui s'est rapidement transformée dans les dernières années, a été marquée par un coup très dur porté, malheureusement, avec succès aux conditions de vie des travailleurs, des retraités, des étudiants. Les mécanismes internationaux de "gouvernance" ne laissent aucune place à un renouvellement du compromis social-démocratique : il en résulte une multiplication des mécanismes disciplinaires qui frappent aussi bien l'opposition politique que celle sociale.

La guerre contre les pauvres est le signe distinctif de ces années. Le clivage entre ceux qui ont beaucoup et ceux qui n'ont rien grandit de plus en plus. C'est une catastrophe pour des milliards d'êtres humains. Une catastrophe qui – sans une inversion de tendance rapide et radicale – ne pourra que s'étendre. Le quotidien tragique vécu par des millions et des millions de déshérités, habitant les marges des immenses mégalopoles du tiers monde, fait mentir toute illusion sur le bienêtre capitalistique, sur la possibilité pour tous d'aller mieux grâce à un "développement" infini de la production.

Les migrations entre le nord et le sud représentent une stratégie de la survie qui pourra difficilement être arrêtée. Le déversement des pauvres vers le nord est encouragé par ceux qui spéculent sur le travail car – grâce aussi aux dispositifs légaux qui enchainent littéralement le travail des étrangers – le prix des bras baisse et avec lui la capacité contractuelle des travailleurs autochtones, qui ne sont pas toujours capables de comprendre le lien existant entre les lois contre la clandestinité et la réduction des salaires et des garanties pour tous. Le gouvernement, les patrons, les médias soufflent sur les braises pour attiser la guerre des pauvres entre eux, parce qu'ils ont peur de la jonction qui pourrait se faire entre travailleurs étrangers et travailleurs autochtones.

La crise que traverse l'Europe augmente les risques de virages autoritaires voire carrément fascistes. La notion même de "droits humains", sur laquelle se jouent des parties formelles sur la mesure de la civilisation "des autres", devient un alibi de guerre, même si elle revêt le masque de l'intervention salvatrice, intrinsèquement "au-dessus des parties".

L'habitude prise de traiter en termes d'ordre publique les questions sociales se concrétise dans la multiplication des dispositifs de contrôle, lois "spéciales", militarisation, guerre.

Dans cette réalité difficile, l'engagement des groupes et des individuels de la Fédération s'exprime par leur présence active au sein des mouvements sociaux, où ils se battent pour que des modalités d'organisation d'orientation libertaires soient mises en place. Les anarchistes fédérés essaient également de mettre en place un parcours de résistance qui puisse ouvrir des espaces dans lesquels un imaginaire différent puisse retrouver ses racines et, en même temps, dessiner un parcours adapté aux défis que nous avons devant nous.

Les mouvements qui se sont développés ces dernières années dans notre pays, sont majoritairement d'opposition sociale. Opposition à la perte d'un salaire, des droits et des tutelles sur le poste de travail, à la dévastation de l'environnement, aux grands travaux destructeurs, à la guerre et au militarisme, au racisme d'état. Bien souvent le lien entre ces différentes luttes se réduit au thème/à la thématique de la démocratie trahie, de la citoyenneté incomplète ou niée, de l'illégalité qui se fait Etat. L'horizon utopique se limite à la lutte pour la "véritable" démocratie, pour une justice sociale compatible avec l'ordre existant, considéré "non transcendable".

Les anarchistes fédérés dans ces mouvements oeuvrent pour que l'attitude libertaire qui souvent les caractérise s'élargisse et devienne un choix partagé et conscient. Révolutionnaires en un temps où prévaut un imaginaire bien peu disponible pour une transformation radicale de la société, les anarchistes ne peuvent s'abstenir de participer aux mouvements, encourant sinon de voir leur rôle réduit à n'être que résiduel et de pur témoignage, mais ils ne peuvent en revanche s'abstenir d'en être la voix critique.

Les anarchistes fédérés ne séparent pas l'analyse de l'action, car la seule réflexion féconde est celle qui puise les matériaux qui la compose de l'expérience vivante de la lutte sociale, tout comme l'action politique et sociale se nourrit d'une analyse constante de la réalité, de la confrontation directe entre compagnons, de l'engagement de tendre le fil d'une action au quotidien souvent inadaptée vers un plus ample horizon de transformation.

Avec un parcours qui s'est écarté de celui da la gauche non institutionnelle, les anarchistes de la FAI ont traversé les vingt dernières années en se construisant des expériences de conflit et d'autogestion qui, bien que dans des lieux restreints, ont alimenté et renforcé des mouvements plus grands, marquant en quelques occasions une inversion de tendance.

Les espaces de communication autogérés "on-line", les réseaux de solidarités avec les migrants, les luttes territoriales contre les désagréments ou les installations militaires ... et aussi les lieux où s'expérimente une société sans argent, la réappropriation d'espaces et de maisons, les luttes des précaires, étudiants, travailleurs ont été innervées par une sensibilité libertaire diffuse, qui a dépassé sphère du mouvement anarchiste au sens strict, imprégnant des lieux plus étendus.

Il serait long de faire ici un inventaire précis, groupe par groupe, des activités dans lesquelles sont impliqués les groupes et les individuels de la FAI. Nous ferons donc un tour d'horizon général.

Pratiquement tous les groupes de la Fédération gèrent et tiennent ouverts pour le public des sièges. Dans de nombreux sièges sont entreposées des archives, des bibliothèques, des centres de documentation. Les sièges ne sont pas seulement des lieux de rencontre pour les groupes mais accueillent aussi des conférences, des débats, des présentations de livres, des repas de bienfaisance, des spectacles théâtraux ou musicaux, des projections de films, des expériences de pédagogie libertaire et de productions autogérées.

Quelques groupes rédigent des journaux locaux et ont des sites internet et des blogs. Beaucoup d'anarchistes fédérés sont également investis de mandats syndicaux dans les organisations de base, et participent et promeuvent des comités de lutte sur les thèmes du nucléaire, des grands chantiers, de l'écologie, de la lutte contre le racisme et anti-militariste, des universités libertaires, du mouvement No-Tav, des mouvements contre les expulsions et pour la réappropriation des espaces abandonnés.

Commission de Correspondance de la Fédération Anarchiste Italienne.

http://www.federazioneanarchica.org/
http://www.umanitanova.org/