Présentation de la FdA (Germanique)


Soulèvement en Allemagne

Pour commencer nous souhaitons faire remarquer que nous avons délibérément écarté certains mouvements de protestation de la discussion (comme les luttes de la société civile, où ces mouvements dérisoires pour le développement d'une participation citoyenne) ainsi que la politique traditionnelle.

L'absence de révolte ici et la barrière de la langue (concernant ce qui se passe en Grèce, en Russie, en Afrique de Nord) nous conduisent à espérer que les autres fédérations pourront effectuer les analyses nécessaires
Les raisons effectives pour lesquelles il n'y a pas de mouvements de révolte en Allemagne, sont selon nous de diverses natures. elles peuvent être divisées principalement en quatre catégories.

A) Des raisons économiques

La crise en Allemagne n'a pas le même impact dramatique qu'ailleurs en raison de la situation économique (privilégiée) :

Les mesures anticrises(Agenda 2010)ont déjà été accomplies sous le gouvernement du NPD
avant cette crise.

Les changements économiques relèvent d' un processus d'érosion progressif ( privatisations, augmentation de la flexibilité, expansion des emplois précaires, impots)

B) Des raisons historiques

En Allemagne il n'y a pas de tradition de révolte ou de révolution :

Les améliorations n'ont jamais été la conséquence des luttes;elles furent plutôt utilisées comme un moyen de pacification.

Les mouvements radicaux ont toujours été vus d'un mauvais œil, et ils ont été considérés comme un danger pour les individus et le gouvernement et considérés comme des positions extrémistes.

C) Des raisons politiques et sociales

Le manque de radicalisation des acteurs à l'intérieur du spectre démocratique civil et social ( les syndicats, et les partis politiques) :

Le pacte entre les syndicats et les entreprises à l'intérieur d'une structure légale

La société a déjà atteint un degré élevé d'individualisation, qui a conduit à l'aliénation et à une perte importante de la solidarité (au niveau local, mais aussi en termes de production, nature, etc..)

L'influence des médias en Allemagne le journal « der bild, » qui atteint 17,9% de lecteurs

D) Des raisons socioculturelles

« Fonctionnement rationnel » comme base de toutes les actions :

Les échecs sont perçus comme une insuffisance personnelle ,par exemple l'épuisement professionnel comme un problème privé, et non comme une conséquence du monde du travail.

Une culture de bouc émissaire qui conduit à stigmatiser certains groupes de personnes (par exemple. Les Grecs, les banquiers, les Musulmans), pour dédouaner le gouvernement allemand de ses responsabilités et empêcher les individus d'agir.

Le regard des autres est très important - combinée avec une mentalité qui cherche à éviter d'être la victime, espérant plutôt quelqu'un d'autre le soit à sa place.


Dans un contexte culturel terne de vie quotidienne qui facilite l'invisibilité personnelle chaque débordement (incluant ses propres émotions) devient une cause de honte et d'embarras, quelque chose qui « ne se fait pas »

Déférence généralisée à l'autorité / soumission / confiance ou le manque de remise en cause des décisions des élites («mentalité prussienne")

Il y a une vague conscience du problème du travail et de la vie sociale peu satisfaisants mais il n'y a pas de moyens réellement visibles pour lutter contre.

La peur de la descente sociale, malgré l'absence de l'extrême pauvreté (par rapport à d'autres pays, y compris ceux d'Europe): dans ce sens, une peur plutôt irrationnelle .

La pauvreté considérée comme un stigmate, ( répertoriée en quatre catégories constitue une barrière qui empêche les gens de s'identifier à une situation précaire même si ils s'y trouvent.

Le sentiment d'impuissance (combiné avec l'idée largement répandue selon laquelle vous ne pouvez émettre des critiques au sein d'un cadre juridique)

La croyance dans les pouvoirs est fortement renforcée par le système scolaire public (école comme une sphère de soutien individuel et d'éducation d'un objet fonctionnel au sein de la société en général)

Conclusion

Nous ne pensons pas que le moment présent offre une base pour un soulèvement insurrectionnel en Allemagne. Nous ne pensons pas que les tentatives de promouvoir de telles idées à travers des «po- litique rebelles » soient très fructueuses au contraire, elles pourraient être fatales, dans un contexte donné (notamment en l'absence de structures libertaires. Nous considérons qu' elles pourraient prendre une direction conservatrice réactionnaire. Cela ne constitue pas en soi un rejet fondamen- tal de la politique des insurgés dans des conditions plus appropriées.

Perspectives de la politique anarchistes en Allemagne

Nous espérons que l'intensification et l'expansion de l'activité libertaire de trois manières:

La propagande libertaire dans le sens d'un changement dans la conscience dans la société ou dans les positions des individus.

La construction de structures libertaires qui englobe à la fois l'arène politique (sous la forme de fédérations libertaires) et d'autres secteurs de la société (économique, culturel, etc)

Promotion et intervention dans les conflits sociaux (dans le sens libertaire), par exemple, sous la forme de luttes salariales, de l'action dans des domaines tels que le travail auprès des réfugiés, des droits des animaux, de l'activisme anti-nucléaire, etc, et bien sûr la promotion active de idées libertaires et les perspectives.

Nous maintenons l'objectif clair de parvenir à une société anarchiste. Et même si une transformation totale de la société comme peu probable à l'heure actuelle, nous sommes ouverts à des surprises.