Présentation de la FAFrancophone


Organisation et fonctionnement

La Fédération anarchiste actuelle existe depuis 1953. Elle est organisée sur la base de l'acceptation de « Principes de base ». Elle est constituée de groupes et d'individus unis sur la base du fédéralisme, de l'autonomie et de la responsabilité individuelle et collective. Elle se réunit en congrès annuel où les décisions sont prises au consensus. Elle nomme ses secrétaires à l'unanimité lors des congrès. Ceux-ci se réunissent tous les mois afin de discuter de la vie de la fédération et des projets en cours. Les groupes / individus peuvent assister à ces réunions.

Trois fois par an, des réunions où se retrouvent tous les groupes / individus afin d'avoir des discussions de stratégie collective et de décider des campagnes fédérales. Des réunions de formation sont également organisées de temps en temps afin de présenter l'histoire et le fonctionnement de la FA aux nouveaux groupes / individus qui souhaitent rejoindre la FA.

Chaque groupe / individu peut proposer du matériel, des thème de campagne fédérale. Les secrétariats peuvent aussi proposer du matériel, des textes. Ils sont responsables individuellement de leur activité devant le congrès, même s'ils peuvent s'entourer d'une équipe de militants. Les groupes / individus sont autonomes dans les limites des « Principes de base ».

La Fédération anarchiste possède un journal hebdomadaire, Le Monde libertaire, diffusé en kiosques et vendus par les militants (quelques 2000 exemplaires vendus par semaine, kiosque et abonnements). Depuis janvier 2012, elle publie, en plus, une version gratuite du Monde libertaire, 8 pages, diffusée à 6000 exemplaires uniquement par les forces militantes.

La Fédération anarchiste possède une radio, « Radio libertaire », qui diffuse sur Paris (89,4 FM), et sur Internet. Elle possède aussi une librairie fédérale, « la librairie du Monde libertaire » (Publico), à Paris (XIe).

La Fédération anarchiste regroupe quelques 400 membres répartis dans une soixantaine de groupes (de 3 à 20 membres), une vingtaine de liaisons (groupes en voie de constitution) et une cinquantaine d'individuels. Les groupes publient des journaux locaux ou des feuilles d'informations. Quelques uns possèdent un local ou une librairie (Besançon, Paris, Rennes, Rouen). La plupart des groupes et individus de la FA ont une activité syndicale, associative, militante qui dépasse le strict cadre de travail de propagande idéologique anarchiste. Certains groupes / individus sont investis dans des « Alternatives anarchistes en actes ».

Principales actions fédérales

– Mai 2008 : manifestation antifasciste

– Juin 2008 : manifestation anti-G8, Vaaag

– Septembre 2008 : manifestation contre la venue du Pape

– Novembre 2009 : campagne contre les centres de rétention

– Mars-Octobre 2010 : mobilisations contre la casse du système de retraite

– Octobre 2011 : manifestations antinucléaires

– 2012 : salon du livre anarchiste (Paris) et Rencontres internationales de l'anarchisme, St-Imier (Suisse)

Motions de congrès et motions de soutien

– 2008 : motions contre les centres de rétention ; autour de la décroissance ; contre la religion

– 2009 : motions de soutien aux luttes sociales : soutien aux compagnons de l'ASI (Serbie), de la FAU (Allemagne), aux anarchistes du Mexique, de la FAG (Brésil) ; soutien aux luttes en Iran, au Pérou

– 2010 : motions anticapitaliste et antiraciste: soutien aux anarchistes russes, bélarusses, grecs ; soutien à la population de Gaza

– 2011 : motion contre le nucléaire ; texte d'orientation sur les alternatives en actes soutien aux révolutions tunisienne et égyptienne

– 2012 : motions de soutien aux anarchistes mexicains (FAM) et à la FLA (Argentine)

Points sur la situation sociale en France. Situation du mouvement anarchiste et de la FA en particulier. Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, on assiste à une véritable attaque contre le monde du travail, contre les droits des travailleurs, contre le populations étrangères. Le gouvernement de droite « dure » a pris un ensemble de mesures sécuritaires, racistes, qui accompagnent sa politique guerrière : guerre en Afghanistan, en Afrique, retour au sein de l'OTAN.

La lutte contre le terrorisme international sert de justification à un discours et à une politique de lutte contre l'immigration, « clandestine » dans un premier temps, puis légale (diminution du nombre de naturalisations, de carte de séjours, de l'accueil des réfugiés, des étudiants étrangers. Les discours racistes se multiplient sous couvert de débat sur « l'identité nationale », de loi pour la laïcité – en fait des attaques exclusives contre la religion musulmane, ou plutôt contre les populations identifiées comme appartenant à cette religion, notamment les « arabes ». La Fédération anarchiste s'est toujours attaquée aux religions et ne défend pas la religion musulmane mais, dans le discours et les pratiques de gouvernement, il faut noter des attaques systématiques contre les personnes identifiées comme étant de religion musulmane, qui cachent mal des attaques racistes au nom du « choc des civilisations ».

Les populations identifiées comme minorité ethnique sont accusées de tous les maux : vol, délinquance, fraude aux aides sociales, difficultés scolaires, etc. Les Rroms ont été nommément attaqués et sont victimes de violences policières. Les enfants issus des quartiers populaires sont stigmatisés à l'école, au travail, dans la rue.

Les groupes fascistes réinvestissent les rues, attaquent les militants anti-fascistes, tentent d'infiltrer les organisations ouvrières (syndicats). Pour l'instant, cela reste marginal mais cependant très inquiétant. Les organisations syndicales ont entamé un long travail de lutte contre le racisme au sein de leur organisation.
Le mouvement anarchiste et la FA sont engagés dans des actions de rues contre les fascistes. Il devient cependant urgent d'avoir une contre-offensive large, sociale et / ou de type syndicale face à la diffusion des idées racistes au sein des classes populaires.

Au niveau du travail, là encore les mesures anti-sociales du gouvernement ont été nombreuses : diminution des remboursements des frais médicaux, diminutions des aides, des droits ; attaque contre le « Droit du travail », déréglementation des horaires, des règles du chômage, des salaires. La principale attaque a été celle contre le système de retraite, qui vise à une privatisation de cette dernière. Désormais, les travailleurs doivent travailler plus longtemps, cotiser plus, sans pour autant être sûrs de l'âge de départ en retraite qui ne cesse d'être reculé, ni du montant de leur pension qui ne cesse d'être diminée.

Il y a eu de fortes mobilisations syndicales et sociales, dans lesquelles les anarchistes ont été fortement impliqués – la Fédération anarchiste a édité plusieurs tracts diffusés à des milliers d'exemplaires –, contre cette loi amenant à un quasi blocage de l'économie. Un mouvement de grève générale se propageait mais les organisations syndicales, et la population, n'ont pas osé aller jusqu'au bout. Pour nous, cela témoigne d'un manque de perspectives sociales, d'un manque de confiance dans les organisations de lutte et de résistance, d'une croyance en la « bienfaisance » de l'État et au changement par les élections.

Des mouvements de grève générale conte la vie chère ont aussi eu lieu dans les départements d'outre-mer : La Réunion, Guadeloupe, Martinique, Guyane, Mayotte, etc. mais là, notre présence est quasi nulle. Notre implication relève plus du soutien extérieur.

Globalement, l'ensemble des classes populaires, des travailleurs, subit des attaques contre les droits sociaux. Au nom de la crise, on assiste à une diminution des salaires, au démantèlement et à la privatisation des services publics, à la hausse des prix, etc. La pauvreté s'étend, engendrant des problèmes de santé, de logement, alors que l'industrie du luxe prospère, que les riches s'enrichissent, que les actionnaires multiplient leurs dividendes.

Face à cela, le mouvement social, syndical, et le mouvement anarchiste, semblent bien atones. Pour les premiers, il y a une sorte de désespoir et une attente des élections, une acceptation du jeu parlementaire, un manque de perspectives de changement radical.

Pour les anarchistes, nous sommes encore trop faibles, trop peu nombreux, trop divisés pour avoir un réel pouvoir d'infléchir les événements, d'ouvrir des perspectives larges, sociales, de lutte et de résistance. Nos critiques apparaissent trop souvent pour ce qu'elles sont : de simples critiques. Le côté positif de l'anarchisme a du mal à être énoncé, et encore plus mis en pratique. Cependant, au sein de la Fédération anarchiste, les groupes / individus mènent des actions concrètes de mise en place d'alternatives anarchistes en actes (radio, jardins collectifs, squats, coopératives, etc.).

De telles alternatives existent aussi en dehors des organisations anarchistes. L'enjeu est de réussir à les fédérer autour d'un projet révolutionnaire car ces alternatives ne se suffisent pas à elles seules. Elles doivent être des points d'appuis constructifs dans l'émergence d'un mouvement autogestionnaire complexe et diffus. De même, les organisations syndicales et le travail quotidien que nous y menons doivent aider à la mise en place de luttes et de pratiques radicales, à la coordination des luttes, à leur convergence vers un mouvement de récupération des moyens de production, des usines, des services publics et à leur gestion par les travailleurs eux-mêmes.

Dans ce travail, il y a de la place pour une multiplicité de tactiques : anarcho-syndicalisme, alternatives collectives, associations diverses, coopératives de consommation ou de production, propagande idéologique, universités populaires, etc ; avec un objectif commun : l'instauration d'une société communiste libertaire ; et un moyen : la révolution sociale.
C'est ce que tente de faire vivre la Fédération anarchiste depuis presque 60 ans. Elle construit, à travers ses groupes / individus, ses outils propres, elle agit au sein de collectifs, syndicats, seule ou dans le cadre de mouvements unitaires libertaires.

Bien sûr, cela ne va pas sans crise interne, sans quelques différents avec les autres organisations mais on peut dire, qu'au fil des ans, la Fédération anarchiste a su construire un pôle d'identification libertaire et qu'elle tente de se donner les moyens de construire des alternatives avec l'ensemble du mouvement social. C'est pour nous, la voie à suivre car nous ressentons la difficulté pour les organisations et individus anarchistes de peser sur les événements malgré une grande implication à titre individuel. Des temps et des espaces de rencontres et de débats entre libertaires, et avec l'ensemble de la population, sont importants et sont sans doute à créer : Salons du livre, Foires à l'autogestion, Congrès internationaux, plénums, etc.

Pour nous, et depuis le début des mobilisations alter-mondialistes, le mouvement anarchiste est fortement impliqué dans les mouvements sociaux. Il est en phase avec ce qui se vit au niveau local et international. Nous devons cependant encore renforcer nos liens, notamment au niveau international, et c'est l'objectif que nous sommes donnés au sein de l'IFA (Internationale des Fédérations anarchistes).

Fédération anarchiste Francophone

Site de la Fédération Anarchiste : federation-anarchiste.org