Document de la commission antiracisme - FAIt


Ces dernières années la Fédération, afin de pouvoir suivre plus ponctuellement et d'être plus présente à l'intérieur même de la lutte anti-racisme, s'est dotée d'une coordination, dont font partie des compagnons de différentes zones géographiques, et qui seconde l'activité de la commission anti- racisme déjà présente. La coordination a promu des campagnes et produit du matériel d'infirmation et de propagande anti-raciste communs aux différents groupes de la Fédération ; elle a permis une présence plus diffuse sur la territoire italien et une plus grande flexibilité dans l'information durant les luttes, même celles montées dans l'urgence (révoltes des centres d'identification et d'expulsion 1 et procès de ceux qui se sont rebellés et ont été solidaires des luttes, attaques racistes, revendications spontanées des migrants pour la reconnaissance de la dignité de leur propre travail et la légitimité de leur présence sur la territoire).

L'activité de collecte et d'élaboration de matériels d'information et la recherche d'instruments de lutte ont mené à l'organisation, de la part de la commission et de la coordination antiraciste, d'une rencontre publique intitulée "Briser les cages, effacer les frontières" (Parme, 14-15 mai 2011) qui, partant de la reconstitution du voyage depuis le pays d'origine jusqu'en Italie, a permis d'approfondir les thématiques des reconduites, du lien existant entre permis de séjour et travail, de la lutte pour le logement et des centres d'identification et d'expulsion, en donnant des informations sur les profils légaux et en recherchant des instruments de lutte communs ; une confrontation a été faite entre l'expérience italienne et celle anglo-saxonne aussi bien en termes de législation sur l'immigration et la reconnaissance du statut des réfugiés, que sur les modalités de contre-attaque de la part des antiracistes. En ont découlé des campagnes nationales contre ceux qui collaborent, à différents niveaux, à la gestion des CEI (Centres d'Identification et d'Expulsion) : depuis les organisations qui en ont eu la gestion, parmi lesquels se distinguent la Croix Rouge Italienne et quelques grandes coopératives, à ceux qui fournissent les repas ou le service de blanchisserie.

Ce sont des campagnes d'information qui ont pour but d'aller frapper les énormes intérêts économiques sous-tendus par le système des CEI, d'élargir la lutte aux réalités dans lesquelles ces centres ne sont pas et leur donner une plus grande visibilité et reconnaissance, sans laisser cette réalité des centres être confinée entre les murs des lieux de détention, souvent installés dans des zones isolées, ou dans les lieux de solidarité, à caractère exclusivement militant, à l'intérieur des tribunaux.

Durant la période allant de 2009 à 2011, l'activité antiraciste s'est grandement qualifiée dans la lutte contre la présence des 13 CEI présents sur le territoire italien. Les rassemblements et les manifestations organisées à l'extérieur des murs des centres, de Turin à Milan, de Gradisca à Rome, se sont multipliés, se caractérisant comme soutients solidaires avec les prisonniers qui protestaient contre leurs conditions de détention : grèves de la faim, révoltes, tentatives "d'évasion", dénonciation des abus des forces de l'ordre et des militaires et contre l'absence de soins et les médecins complaisants. Dans de nombreuses localités les anarchistes et les antiracistes ont promu une série d'initiatives solidaires, en diffusant la voix des prisonniers par le biais d'initiatives d'information, repas d'autofinancement, une longue série de cortèges et de tentatives de se mettre en travers des routes afin d'éviter les rapatriements forcés.

La lutte antiraciste des migrants et de ceux qui sont solidaires a réussi pour la première fois à remettre en question la présence même des CEI, en amorçant un parcours de lutte partagé qui a commencé à s'étendre à tout le territoire national avec des rassemblements, des points d'information et des actions aussi dans les villes où il n'y a pas de CEI, contre les coopératives et les organismes gestionnaires. L'Etat a répondu par des actions de répression contre les personnes solidaires et avec un durcissement des conditions de réclusion envers les migrants... Texte intégral au format pdf.