Grèce. Communiqué de presse du Mouvement Anti-autoritaire (AK) d'Athènes


Communiqué de presse du Mouvement Anti-autoritaire (AK) d'Athènes à propos de la manifestation du 17 novembre 2014.

17 novembre 2014


« Nous l'avons vu de nos propres yeux »


Les marches « bien établies » de Polytechnique ont prouvé qu'il possède toujours certaines de ses caractéristiques originales qui viennent secouer la position commode d'être simplement un « anniversaire » des protestations pour commémorer la révolte en 1973 contre la junte grecque. (Le 17 novembre 1973, la dictature des colonels ordonnait l’évacuation de l’université Polytechnique, située au centre d’Athènes, en faisant intervenir l’armée après avoir enfoncé l’entrée principale de l’université à l’aide d’un blindé. Les manifestations qui se déroulent autour de l’École Polytechnique prennent rapidement de l’ampleur. NdT)


Le nouveau totalitarisme de l’État, comme il s'incarne dans les nouvelles prisons de haute sécurité, les camps de concentration pour les immigrants et l'existence de plus de 50 prisonniers politiques, montre clairement que l'oppression étatique a une histoire ; mais aussi les mouvements sociaux, que l’État tente en vain de supprimer.


Le cortège du Mouvement Anti-autoritaire d'Athènes marcha avec deux bannières à la manifestation : « Assentiment et représentation = résignation – Démocratie directe pour une société anti-authoritaire » et « Contre la répression et l'étatisme – Pour des universités publiques, libres et sociales ». Nous avons été rejoints par nos camarades de DAF (Turquie) avec leur propre bannière en soutien à la lutte à Kobane.


Apparemment, la présence massive de personnes dans notre cortège a agacé les autorités et conduit à son attaque injustifiée par les forces de police ; une attaque qui était injustifiée et n'avait aucun prétexte... Nous dénonçons les méthodes du gouvernement et de la police qui ont recours à la violence et aux provocations brutales afin d'inverser le climat négatif envers eux et leur isolement social.


Aussi, nous tenons à dénoncer pour la première fois, quelque chose que nous avons vu de nos propres yeux : les policiers de sécurité de l’État, stationnés au carrefour des rues Harilaou Trikoupi et Akadimias, ont été ouvertement vus portant des Molotov dans leurs sacs à dos. Nous les avons vus et nous l'avons senti sur plusieurs « agents de sécurité de l'État ». Nous ne sommes pas ceux qui répandent des rumeurs peu fiables ; nous exigeons une explication pour cela, volontairement ou involontairement. Allez, M. Kikilias (ministre de l'Ordre public), expliquez-nous pourquoi des cocktails Molotov ont été trouvés dans les mains de « non-terroristes ».


Ils ne seront pas en mesure d'empêcher la présence de la société dans les rues, ni les fracas imminents du capitalisme et de l'étatisme. Nous saluons celles et ceux qui ont défilé pour protester avec nous, côte à côte, le 17 novembre, y compris les camarades de DAF (Turquie), qui sont restés avec nous, après avoir été invités à présenter la situation à Kobane.

La rivière de la démocratie directe ne sera jamais arrêtée.
Mouvement Anti-autoritaire d'Athènes