Portugal. Appel International pour la BOESG


La BOESG – Biblioteca dos Operários e Empregados da Sociedade Geral (Bibliothèque des Ouvriers et Employés de la Société Générale) est une ancienne bibliothèque ouvrière fondée officiellement en 1947 à Lisbonne. L'objectif était promouvoir la lecture et la culture entre les ouvriers et employés de la Société Générale de Navigation. Au début, la bibliothèque était mobile et les livres allaient de bateau en bateau dans une boîte à outils. A partir de là, elle n'a pas arrêtée de grandir. En 1960, en raison du volume de livres assemblés, elle se fixe au 1er étage du numéro 13 de la Rue des Janelas Verdes à Lisbonne, où elle se trouve encore.

Après le 25 Avril 1974, la BOESG maintient pendant encore plus d'une décennie le projet original, mais la fin de la compagnie de navigation et la nouvelle réalité sociale ont fait diminuer le nombre de membres et les activités. Les années 1990 ont vu arriver des nouveaux membres étrangers à la compagnie de navigation avec une nouvelle perspective. Néanmoins, sans attendre ses objectifs, la bibliothèque décline une fois plus.

Dès le début, la BOESG a assemblé un volume de livres qui s'élèvent aujourd'hui à environ 6 milles titres. Comme la grande majorité d'entre eux a été assemblée pendant le fascisme, on peut dire qu'ils représentent les nocivités d'une certaine période historique. D'un autre côté, on peut aussi trouver des livres qui proposent des idées et des solutions pour combattre ces nocivités ou leurs causes. Afin d'utiliser et de rendre accessible ce fond mais, surtout, pour lui donner un sens et un objectif, la BOESG renaît en 2010 avec un nouveau projet, devenant « Biblioteca Observatório dos Estragos da Sociedade Globalisada & dos Meios para os Ultrapassar » (Bibliothèque Observatoire des Nocivités de la Société Mondialisé & des Moyens pour les Dépasser). Elle maintient la promotion de la lecture et de la culture, mais s'ajoutent l'observation critique et l'action face à l'aliénation politique, économique et technique. Les livres sont organisés en sections, qui représentent les différentes nuisances produites par la société globalisée, avec l'objectif de les cataloguer, étudier et archiver. Nous cherchons une liaison entre les nuisances et les moyens pour les dépasser, à travers de l'activité critique.

 

L'ouverture d'une librairie avec des publications hors-série, l'acquisition de nouveaux livres, la réalisation de nombreuses activités, débats et lectures autour d'un thème ou d'un livre, la présentation ou l'édition de publications, des ateliers pratiques, des cycles de cinéma, des foires, des promenades, etc. sont autant de possibilités et de moyens pour intervenir et construire des milieux libérés de la domination du Capital, de l'État et de la « technophilie ».

Dès que le projet est devenu Bibliothèque Observatoire, nous avons édité 5 brochures: « Biblioteca Observatório dos Estragos da Sociedade Globalizada & dos Meios Para os Ultrapassar – Contexte et Objectifs », « Le téléphone portable, gadget de destruction massive », « Réponse aux clichés sur la croissance et le progrès », « La Conservation naturelles des légumes », « L'impasse citoyenniste » et « Un espace indéfendable: aménagement urbain à l'heure sécuritaire ».

Tout cela avec l'objectif d'analyser, réfléchir et discuter, en incitant la capacité critique de chacun à chercher les moyens nécessaires pour dépasser cette aliénation et la dégradation globale de l'actuelle mondialisation. La BOESG cherche à devenir un outil pour pouvoir intervenir dans les conflits présents et à venir, entre l'ordre établi et les exclus.

Avec ces caractéristiques, et considérant le contexte actuel, la BOESG est un espace unique à Lisbonne, non seulement par sa spécifié comme bibliothèque, mais surtout par son projet de confrontation avec ce monde totalitaire dans lequel nous vivons. La reconnaissance de cette singularité et la sympathie pour le projet s'illustrent par le nombre croissant de personnes qui viennent dans cet espace et cherchent à le dynamiser de diverses façons.

Mais tous ces efforts peuvent être mis en cause. En accord avec la logique du néo- libéralisme, le gouvernement portugais a publié en 2012 une nouvelle loi de location urbaine, qui permet l'augmentation des loyers des contrats antérieurs à 1990. Dans notre cas, avec un contrat datant de 1960, la location passerait des actuels 81 euros à 707 euros, sans aucune garantie de pouvoir rester dans l'espace après 5 années. C'est une situation insupportable, qui empêchera la continuation du projet, pour une association sans but lucratif et que ne veut pas de cette logique. Mais ce n'est pas seulement la BOESG qui doit faire face à ce scénario. En ce moment, presque tous les locataires ressentent les conséquences de cette loi, instrument au service de la classe dominante, qui rend possible les augmentations et facilite les expulsions, en plaçant au second plan les besoins de base des personnes, l'accès aux espaces de convivialité ou l'existence elle-même. Avec l'augmentation des loyers qui va parfois jusqu'à plus 900%, une grande partie des collectifs populaires, coopératives ou associations disparaîtront. C'est un effet de plus des nocivités de la société mondialisé.

Face à cette situation, nous essaierons de luter d'abord au niveau judiciaire en contestant l'application de la hausse de loyer, pour gagner du temps et trouver une alternative au local, et, en même temps, ensemble avec autres collectifs, développer des stratégies d'opposition à la nouvelle loi, et inciter la volonté de critiquer et d'attaquer cette immense domination.

Nous savons que la loi est du côté des propriétaires et que cette logique ne changera pas quel que soit le gouvernement. Ainsi, notre volonté est acheter un espace qui nous permettra de continuer et de développer notre projet. Il nous semble que cette option, dans le contexte actuel, serait la meilleure pour nos objectifs, en nous rendant autonomes de la logique du Capital. Considérant la situation immobilière présente à Lisbonne, nous pensons qu'avec 100 milles euros il sera possible de réaliser notre projet.

Ainsi, nous lançons cet appel international pour nous aider à obtenir ce montant. Ce soutien est urgent parce que l'expulsion a été déjà demandée par le propriétaire à la justice. Nous maintiendrons toutes les personnes ayant contribué au projet au courant de l'évolution de la situation et du montant réuni.

Nous appelons donc à la solidarité de tous ceux et de toutes celles qui nous connaissent et qui ont de la sympathie avec notre projet afin d'envoyer un don au compte bancaire suivant :

Nom : BOESG
IBAN : PT50003500270004933513229
BIC SWIFT : CGDIPTPL
Nom de la banque : Caixa Geral de Depósitos